La mise en lumière de la Chapelle par Patrick Rimoux

Interviews

Patrick Rimoux est sculpteur de lumière. A la fois ingénieur et artiste.

Après une formation d’ingénieur en nouvelles technologies (ce qui lui permet de développer des éléments de lumière très spécifiques, avec notamment la technologie led), Patrick Rimoux s’est formé aux Beaux-Arts à Paris.  Il évoque aujourd’hui son métier, ses réalisations et sa mise en lumière de la chapelle de Saint-Louis de Gonzague.

La Fondation JES-Franklin : Pouvez-vous nous présenter votre métier ? vos réalisations ?

Patrick Rimoux : Tout d’abord j’interviens essentiellement avec des architectes, comme par exemple Sou Fujimoto, Frank Gehry, Kengo Kuma, Nicolas Michelin et bien sûr Jean-Marie Duthilleul. Je réalise des études sur des bâtiments nouveaux (Gare Eole, Gares du Grand Paris) ou sur des bâtiments existants (l’église Saint-Ignace de Loyola, la chapelle de Franklin, Notre-Dame de Paris). En France et à l’international. J’ai travaillé 6 ans en Afrique du Sud pour Nelson Mandela, sur les Freedom Towers, et j’interviens souvent en Inde (Bombay, Delhi, Calcutta) où la fête des lumières (Diwali) est la fête la plus importante du calendrier.

Mon medium, c’est la lumière. Je ne m’occupe pas seulement de l’éclairage des bâtiments, je « design » aussi des luminaires et grâce aux nouvelles technologies, j’adapte ces luminaires et la lumière qu’ils émettent par rapport aux lieux. L’ombre est presque plus importante que la lumière. On crée des niveaux d’éclairement. Eclairer très fort aplatit tout. Ce que l’on veut par la lumière, c’est donner un sens à cette lumière. C’est d’autant plus vrai dans une chapelle où la lumière est étroitement liée à la liturgie.

F. JES : Comment s’est déroulée votre mission au sein de la chapelle de Franklin ?

P.R. : Dans le cadre de Franklin, j’ai travaillé avec les deux architectes, Jean-Marie Duthilleul et Benoît Ferré, autour de la réflexion suivante : quels sont les éléments importants à mettre en lumière afin de révéler la liturgie ?

La croix au plafond constitue un élément très spécifique de cette chapelle conçue dans les années 30 ; ainsi que les nuages et les étoiles qui l’entourent. Les architectes ont proposé de reprendre le bleu de la fresque pour la croix et pour les nuages de manière plus ou moins intense. Avec la lumière, on les fait apparaître dans des tons plus ou moins clairs, comme dans une peinture.

Ensuite la mise en lumière devait se faire autour de l’axe liturgique : l’autel, le baptistère et les deux ambons. Le chemin de croix également. Et bien sûr la fresque restaurée qu’on devait mettre en évidence.

On essaie de cadrer, découper, ciseler la lumière en fonction des éléments.

Dans la chapelle basse, on a voulu avoir une lumière qui émane de l’assemblée et qui éclaire l’assemblée. Dans chaque lumignon fixé au banc, la partie haute éclaire l’assemblée et les petites led de la partie basse éclairent le texte.

Ensuite l’intensité de lumière pourra être réglée pour chacun de ces éléments. En fonction des moments liturgiques, nous allons éclairer de façon plus ou moins forte. En effet cette mise en lumière variera selon les temps liturgiques de l’année : lumière diffuse pour les veillées de prière, sobre pour les temps du Carême et de l’Avent, lumière très faible le vendredi saint puis rayonnante le dimanche de Pâques.

Le régisseur et l’aumônier auront une tablette sur laquelle sont pré-réglés les différents types de célébrations. Grâce à la miniaturisation, on peut préciser exactement quel mobilier liturgique on souhaite éclairer. Cela peut être une aide à la célébration elle-même

F. JES : Quels sont vos autres projets de mise en lumière dans des églises ?

PR : Il y a 5-6 ans, je suis intervenu sur le chantier de rénovation de l’église St Ignace de Loyola à Paris. C’était mon premier chantier dans une église. En coopération avec un groupe de Jésuites, j’ai réalisé des verres de lumière dans le narthex. Ces verres de lumière illustrent quelques étapes de cheminement de prière des Exercices spirituels de saint Ignace.

Plus récemment on m’a confié la mise en lumière de la totalité de Notre Dame de Paris. Pour l’assemblée, nous travaillons également sur des bancs qui seront munis de lumignons. D’ailleurs, nous allons faire venir le Père Gilles Drouin à Franklin pour lui montrer ces nouveaux éléments (Délégué par l’archevêque, le père Gilles Drouin travaille au futur aménagement liturgique de la cathédrale Notre Dame de Paris).

 

Photos : Yannick Boschat, Laurent Poupart

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